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Entre autonomie et besoin d’aide : gérer son implication auprès de son adolescent

by | Apr 29, 2020 | Education, Question de parents

Votre adolescent refuse votre aide, ou ne l’accepte qu’au dernier moment ? Il ne semble pas du tout s’intéresser à ses études et préfère très largement jouer ou s’occuper autrement ?

Votre adolescent se montre très passif, ou au contraire refuse toute implication dans sa scolarité malgré ses difficultés ?

Si vous vous retrouvez dans une de ces situations, alors cet article est tout spécialement écrit pour vous aider à comprendre comment aider votre adolescent, tout en lui permettant de réaliser son besoin profond : s’émanciper !

 

L’adolescence est un passage difficile à vivre pour les parents…

Lorsque l’enfant rentre dans l’adolescence, le parent expérimente rapidement une mise à l’écart et un rejet de son aide, de son avis, de manière plus ou moins forte et agressive.

L’adolescence en fait voir de toutes les couleurs aux parents (sentiment d’incompréhension face à son enfant qu’on ne comprend plus, sentiment d’entendre le tout et son contraire, voire nécessité de gérer une agressivité récurrente de sa part).

Face à ces comportements, le parent ne sait souvent plus comment doser son implication dans la scolarité de son enfant (et dans sa vie en général, d’ailleurs !).

…mais l’adolescence est surtout difficile à vivre pour les adolescents !

L’adolescence est un moment complexe où la sensibilité est à vif, où la moindre remarque blesse fortement (il a d’ailleurs été prouvé que les paroles humiliantes impactent profondément le cerveau et détruisent même des neurones chez l’adolescent – et l’enfant).

Tout en lui se transforme, sa vision du monde également, et la perte de repère est très difficile à gérer pour lui. Par-dessus s’ajoute le stress des études qui prennent de plus en plus d’importance. Et selon le discours commun, sa réussite scolaire semble déterminer toute la réussite de sa vie… Une pensée plutôt angoissante, vous  ne trouvez pas ?

 

Un besoin fort de s’émanciper : la clé de compréhension de tous ces comportements !

Le parent doit en avoir conscience : son enfant est en train d’essayer de s’émanciper. L’adolescence est l’âge où votre enfant construit l’adulte qu’il va devenir. Et tout ça sans savoir comment s’y prendre, ni savoir s’il y arrivera.

 Il n’a aucune idée de comment passer de l’enfance à l’adolescence : sur quels points doit-il s’émanciper ? Où est-ce que l’aide reste acceptable et ne remet pas en cause sa capacité à s’ émanciper ?

 

 

 

Le vrai rôle du parent pendant l’adolescence

En prenant conscience de ce besoin de s’émanciper, le rôle du parent revêt ainsi deux formes, qui sont des formes de soutien (c’est lui l’acteur de sa vie, et non pas vous) :

accepter son besoin d’émancipation et l’aider à la réaliser

– lui donner confiance dans sa capacité à être autonome

Suivant l’attitude de votre ado, il faudra insister plus sur l’un ou l’autre des deux rôles. Nous vous les avons détaillés dans deux exemples pratiques.

Cas 1 : Mon ado rejette mon aide et/ou me sollicite uniquement en dernière minute

Ce qui est à comprendre de cette attitude

Bonne nouvelle : votre adolescent a une furieuse envie de se prendre en main et de devenir autonome ! Mais parce qu’il ne sait pas comment le devenir, il n’est pas forcément très logique dans sa prise d’autonomie et rejette votre aide de manière aléatoire, en l’associant à une remise en cause de son émancipation.

Votre adolescent a donc avant tout besoin d’aide pour s’organiser, tout en prenant conscience que recevoir de l’aide n’est pas en désaccord avec le fait d’être adulte !

La bonne attitude à adopter

Orientez avant tout votre discours sur une aide à la prise d’autonomie :  rassurez votre ado, l’aide que vous lui proposez n’a qu’un seul objectif, l’aider à gérer seul !

1)  L’inviter à cibler ses faiblesses et ses forces pour déterminer par lui-même l’aide nécessaire (des parents ou extérieure)

2) Aider son ado à acquérir des clés d’organisation et de méthodes de travail pour être plus efficace 

3) Proposer son aide mais sous conditions fermes : déterminez des tranches horaires où vous acceptez d’aider.

4) Refuser son aide pour du jour au lendemain. Votre adolescent doit comprendre que l’organisation est indispensable et non négociable. Elle ne sera pas parfaite immédiatement, mais comme elle ne sera plus un choix, il apprendra à mieux gérer ses priorités.

5) Demander de l’aide à son ado : pour des choses à résoudre, des tâches à faire… L’objectif est de normaliser la demande d’aide, de ne pas l’associer à une incompétence, mais simplement à un besoin commun à tous ! Et lui permettre de solliciter votre aide sans que cela ne remette en cause son émancipation.

6) Encourager son ado et reconnaître son travail ;

7) Affirmer sa disponibilité tout en le laissant être à l’initiative de la demande d’aide

 

on Cas 2 : Mon ado est passif et se désintéresse de ses études

Ce que les parents font et qu’il faut éviter

Face à un manque de travail, le parent consciencieux va décréter un besoin de prise en charge (par lui-même ou bien par un intervenant extérieur). L’envie de voir réussir son enfant entraîne souvent une surprotection et une sur-implication, qui prend différentes formes :

stimulation affectueuse (« c’est l’heure de tes devoirs mon chéri ! »)

– mise en place de récompenses ou sanctions suivant son niveau de travail

imposition de cours particuliers et d’horaires de travail ( à l’Académie Moderne, nous insistons sur le besoin d’implication et de motivation de l’enfant).

Discours culpabilisant et anxiogène (« si tu n’as pas de bonnes notes, tu ne pourras jamais passer / jamais avoir une grande école », « tu vas finir à la rue » – cas extrême mais expérimenté.)

 

Même si ces méthodes sont mises en place pour aider, il faut les éviter à tout prix, car elles produisent l’effet inverse.

Une prise en charge excessive va encore plus démobiliser l’enfant, qui y voit un double message : l’amour de ses parents qui veulent le voir réussir… et puis l’impression que ses parents ne le jugent pas capable de se gérer lui-même et de réussir, tout simplement.

« De manière caricaturale, la situation peut lui donner l’impression que ses études… ne sont plus de son ressort ! »

La bonne attitude à adopter

1) Remettre la scolarité entre les mains de l’adolescent.  Vous êtes d’ordinaire sur son dos à lui rappeler qu’il doit faire ses devoirs ? A l’obliger à rester à son bureau alors qu’il n’arrive pas à se concentrer ? Relâchez la pression, laissez le gérer, détachez-vous dans un premier temps…  Le tout est de produire un électrochoc : c’est lui qui est responsable de son travail.

 2) Le laisser faire ses erreurs et prendre conscience de la nécessité de travailler. La mauvaise note ne doit pas faire peur : elle est juste la preuve d’un besoin de travail supplémentaire, et est une bien meilleure leçon que tous les discours moralisateurs ! Elle ne remet pas en cause ses capacités, mais le niveau de travail fourni.

 3) Le rassurer sur votre soutien : vous serez toujours là s’il a besoin de vous, pour l’aider à être autonome

 4) S’assurer qu’il a les clés en main pour être autonome (méthodologie, tips d’organisation et de gestion d’emploi du temps…). Vous pouvez les lui donner ou faire appel à un intervenant extérieur : donner des clés pour l’autonomie est un des objectifs premiers de l’Académie Moderne !)

 5)  L’encourager et reconnaître son travail ;

 6) Le laisser réfléchir ; privilégiez la vérification de son travail et de ses tentatives de recherche à une présence continue sur les devoirs.

 7) Affirmer sa disponibilité, dans des horaires cadrés. Mais laissez-le vous solliciter le premier !

 

Chaque parent souhaite le meilleur pour son enfant, et souhaite ainsi le voir emprunter le chemin le plus aisé possible vers la réussite et la stabilité. Même s’il est difficile de lâcher du lest, lui laisser de l’espace est la meilleure façon de réellement l’aider, le faire gagner en autonomie et le faire progresser durablement. Votre enfant a besoin de faire sa propre expérience, de déterminer ses forces, ses points faibles à travailler, et pour cela, il est nécessaire pour lui de s’y confronter, avec votre accompagnement bienveillant ! 

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